LES XIXème ET XXèmè SIECLES



   De 1800 à 1840, c'est encore Dumas qui donne la liste complète des concours (11, p.510-567). De 1840 à 1891, c'est à Bonnel (p.45134) que revient le mérite de détailler tous les concours et prix, issus ou non des fondations.


1800-1867. DEUX NOUVEAUX PRIX


   Avant 1867, aucune nouvelle vraie fondation n'est offerte à l'Académie. Seules deux séries de prix vont être créées et leur attribution confiée à l'Académie.

   [31 -- Le premier de ces prix est fondé en 1804 par Charles François Lebrun, duc de Plaisance, troisième consul avec Bonaparte et Cambacérès. En 1804, il est nommé prince et architrésorier, on lui doit la création de la Cour des comptes. Il est associé honoraire de l'Académie.

   Le capital est de 1 000 F; le prix consiste en une médaille d'une valeur de 300 F. Il est distribué annuellement aux inventeurs de procédés utiles au perfectionnement des manufactures lyonnaises. Une commission de cinq membres est chargée de recueillir et de vérifier les découvertes qui intéressent l'industrie en général, et celle de la soie en particulier. Les concurrents ne sont assujettis à aucune condition d'âge, ni d'origine. Il n'y a aucune époque fixée pour la présentation des inventions.

   La médaille du prix Lebrun sera décernée durant tout le XIXE siècle et la moitié du XXe, selon une périodicité irrégulière. La première en date des médailles fut attribuée à l'illustre Jacquard mais pour une méthode spéciale de fabrication des filets. On en compte 33 de 1840 à 1890. Parmi le nombre très important de lauréats, l'immense majorité a oeuvré dans l'industrie textile mais on relève aussi plusieurs prix pour les perfectionnements des chemins de fer et quelques cas plus curieux : création et amélioration des grandes orgues, réalisation de préparations d'anatomie, réalisation de la carte géologique du Mont d'Or lyonnais...

   [4] -- La seconde série de prix date de 1840 et est dotée par Jean Claude Fulchiron. Il s'agit de décemer des médailles, chacune valant 300 F, à des ouvriers en soie "qui se seraient distingués par leur bonne conduite et par leur habileté dans l'exercice de leur profession". Quatre médailles furent données en 1841, huit en 1843, et, au total vingt entre 1841 et 1890.

   Dans le même temps, Fulchiron dote plusieurs concours académiques de prix intéressants. Par exemple 300 F pour l'histoire de la fabrique de soieries à Lyon (1838-41), 1 500 F pour les conséquences des traités de commerce avec la Hollande et les états du Nord (1 842), 800 F pour les causes locales nuisibles à la fabrique lyonnaise (1 844)...

   D'autres donateurs, comme au siècle précédent, offrent des sommes plus ou moins importantes pour récompenser le ou les lauréats d'un concours. La plus forte subvention est celle que fait le ministre Chaptal à hauteur de 8 000 F.

   On ne peut manquer de signaler le sujet du concours de 1858 qui demande les meilleurs moyens pour élever le salaire des femmes à l'égal de celui des hommes et pour leur ouvrir de nouvelles carrières serait-ce un éternel problème ou un faux problème ?


1867-1999. FONDATIONS A CARACTÈRE INTELLECTUEL


    Il s'agit de l'ensemble des fondations et prix des domaines littéraire, historique, artistique, scientifique et médical. En dehors des deux cas cités ci-dessus, seule la fondation Christin-de Ruolz se perpétue au XIXE siècle après avoir été interrompue par la Révolution et reconstituée seulement en 1818; elle subsistera encore en 1938 et comme toutes les autres, elle disparaîtra entre cette date et la fin des années 1950 pour cause de dévaluation.

   [51 -- Fondation CHEUVREUX

   Il faut attendre 1866 pour que la famille Cheuvreux, héritière de Jean Jacques Ampère, fils d'André Marie, historien et littérateur, membre de l'Académie Française, offre à l'Académie une rente de 1 800 F pour la création d'un prix. On a vu en 1 ère, partie (chapitre 111) que cette donation a déclenché l'une des plus graves crises académiques avant d'être autorisée en 1867.

   La fondation perpétuelle porte le titre de «prix J.J. Ampère». Elle stipule que l'Académie fera une pension annuelle de 1 800 F à un jeune homme né à Lyon ou dans le département du Rhône, sans fortune, qui aura donné des preuves d'aptitude, soit pour les lettres, soit pour les sciences ou les beaux-arts. Cette pension aura une durée de trois ans, soit au total 5 400 F. Elle sera accordée au candidat le plus digne pour l'aider à continuer ses travaux ou études.

   Le choix des candidats est entièrement laissé aux soins, à la sagesse et à l'appréciation souveraine de l'Académie, laquelle fera à ce sujet tout règlement qu'elle jugera convenable.

   La première attribution est celle de J. Collet en 1868-70 pour des études de mathématiques-physique à la Faculté des Sciences. De 1868 à 1950, date de sa cessation, des lauréats ont régulièrement bénéficié du prix J.J. Ampère.

   [61 -- Fondation DUPASQUIER

   En 1873, Madame veuve Dupasquier souhaite créer un prix à la mémoire de Louis Dupasquier, architecte, membre titulaire de 1845 à 1870, ayant occupé le fauteuil 6 de la section Beaux-Arts. Pour cela elle donne, de la main à la main, 25 obligations et 500 F, soit une somme totale de 12 500 F. Bien que d'origine irrégulière, ce fut un des prix les plus réguliers de l'Académie.

   Le prix consiste en une somme de 500 F accordée annuellement et à tour de rôle à un architecte, un peintre, un sculpteur et un graveur lyonnais.

   Les candidats doivent être nés dans le département du Rhône, avoir été élèves de l'Ecole lyonnaise et n'avoir pas dépassé 28 ans, sauf pour les architectes pour lesquels la limite d'âge est reculée à 35 ans.

   Ce fut un architecte, M. Bissuel, qui reçut le prix pour la première fois en 1874. Il fut suivi par de nombreux lauréats jusqu'en 1950.


   [71 -- Fondation HERPIN


   Le docteur Jean-Charles Herpin avait obtenu, en 1820, la moitié du prix Christin et avait été nommé correspondant l'année suivante. C'est par reconnaissance et par testament du 3 octobre 1871 qu'il cède un capital correspondant à une rente annuelle de 300 F pour fonder un prix. Il décède en 1872. Malgré les difficultés soulevées par ses héritiers, la fondation est autorisée en 1877 et l'Académie entre en possession du capital légué en 1878.

   Il s'agit d'un prix quadriennal pour les auteurs de recherches ou de travaux scientifiques, particulièrement physico-chimiques, propres à développer ou à perfectionner l'une des branches de l'industrie lyonnaise.
Le premier prix fut décerné en 1879 à Robert de Forcrand, licencié en Droit et es Sciences, préparateur de chimie à la Faculté des Sciences, pour trois mémoires sur les outremers (1 200 F). Le prix sera poursuivi avec une périodicité au moins égale à quatre années jusqu'en 1945.


   [81 -- Fondation Jean CHAZIERE


   En 1885, Jean Chazière (1 821-1885), clerc d'avoué, fait la Ville de Lyon sa légataire universelle, à charge pour elle de verser 700 000 F au musée des Beaux-Arts et 230 000 F à l'Académie. La rue Chazière lui fut attribuée en 1889, année de la reconnaissance de sa fondation.

   Les revenus sont destinés, tous les 3 ou 4 ans, à des encouragements et récompenses, soit pour un seul ouvrage, soit pour plusieurs oeuvres sur les sciences, la littérature, les beaux-arts ou la poésie, ou même sur l'archéologie; une très belle oeuvre de sculpture ou un acte exceptionnellement beau de vertu ou d'héroïsme peuvent aussi mériter le prix. L'académie a le droit de donner le prix à un seul concurrent ou de le diviser à son gré.

   La première récompense fut attribuée à Madame veuve Guigue pour achever le Cartulaire lyonnais, oeuvre de M.C. Guigue (1 890). Par la suite, des oeuvres de bienfaisance, des sociétés ou des travaux scientifiques, de rares oeuvres d'art, quelques personnes de mérite et de très nombreux livres reçurent le prix Chazière. Après la guerre 1914-1918, l'accent est mis en priorité sur les oeuvres charitables. La fondation prend fin en 1936 mais le prix sera encore distribué en 1958 et même sporadiquement jusqu'en 1980.


   [91 -- Fondation Honoré PALLIAS


   Par testament olographe du 1er septembre 1890, Pierre François Honoré Pallias, ancien négociant lyonnais, lègue 20 000 F dans les termes suivants : «Je lègue vingt millefrancs à lacadémie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Lyon. Les arrérages... seront employés tous les deux ans à décerner un prix à l'ouvrage manuscrit qu'ellejugera digne de cette récompense, présenté par des auteurs lyonnais, nés à Lyon ou habitant Lyon depuis cinq ans au moins, et appartenant à une société savante de Lyon, ayant vingt ans d'existence au moins. Le sujet de l'ouvrage devra être littéraire ou historique».

   La liste des sociétés dont les membres sont autorisés à concourir est ainsi arrêtée :

- Société d'Agriculture (1761)

- Société nationale de Médecine (1789)

- Société de Pharmacie (1806)

- Société linnéenne (1821)

- Société académique d'Architecture (1830)

- Société d'Education (1832)

- Société des Sciences médicales (1861)

- Société d'Economie politique (1866)

   H. Pallias décède le 5 septembre 1896. Un décret ministériel de 1901 autorise le legs qui est reçu la même année. Le jury est constitué en 1902 et le prix est décerné pour la première fois en 1904 avec une valeur de 1 000 F. La fondation prend fin en 1937.

   [10 -- Jeux floraux de la Comtesse MATHILDE.

   La famille Rambuteau reste avant tout célèbre grâce au comte Philibert de Rambuteau, chambellan de Napoléon ler puis préfet et, en particulier, préfet de Paris durant 15 ans, jusqu'en 1848. N'ayant que trois filles et pour que son nom ne se perde pas, il adopte le second fils de sa troisième fille : Philibert Lombard de Buffières.

   Philibert Marie Edouard Simon Lombard de Buffières était né en 1838 à Albigny. Il devient conseiller d'Etat et, le 6 janvier 1866, épouse Mathilde Gauthier, petite-fille d'un célèbre et riche homme d'affaires lyonnais. La belle et pieuse nouvelle comtesse est extrêmement intelligente, lettrée, cultivée. Elle est une réputée historienne : elle consacrera plusieurs ouvrages à des personnages d'Italie centrale du XlVe au XVIE siècle. L'amour du prochain et l'amour des Lettres sont les deux aspects majeurs de sa vie.

   La comtesse est de santé délicate et le couple souffre beaucoup de ne pas avoir d'enfant. C'est après 45 années d'un mariage heureux qu'elle décède, le 27 septembre 191 1. Elle avait rêvé d'instituer, dans sa ville natale, le culte des muses sous la forme de jeux floraux, mais n'avait pas eu le loisir de l'inscrire en son testament.

   Le comte de Rambuteau veut satisfaire au désir de sa femme, à titre posthume, et, pour cela, crée auprès de l'Académie une fondation très généreusement dotée de 130 000 F : «Jeux Floraux de la comtesse Mathilde». Il met au point les modalités d'attribution des cinq prix littéraires.

   Le comte Philibert adopte alors son petit neveu et peut écrire «voici le dernier acte, maintenant le régisseurpeut baisser la toile». Il meurt à son tour le 3 juin 1912 et c'est ce petit neveu, Almaric Lombard de Buffières, comte de Rambuteau, qui assiste à la première remise des prix fin 1912.

   L'alliance entre les familles L. de Buffières et B. de Rambuteau fait que l'Académie leur doit deux de ses principales fondations.

   Le concours des Jeux Floraux rassemble donc cinq prix qui, en dehors d!une certaine somme en numéraire, comportent une fleur d'or ou d'argent, ciselée par l'éminent artiste académicien Artnand Calliat. Ils sont dédiés :

- le Muguet d'or, prix de poésie, à une poésie inédite ne dépassant pas 100 vers, dont le sujet, le genre et la mesure sont au gré de l'auteur;

- l'Eglantine d'or, prix d'éloquence, à un discours inédit d'une longueur maximale de 60 pages, sur un sujet proposé par l'Académie, le plus souvent l'éloge d'un personnage;

- la Violette d'argent, prix d'histoire et d'archéologie, à un travail, inédit ou non, imprimé ou non.

- L'oefllet d'argent, prix des beaux-arts, à un travail dans les mêmes conditions que la Violette mais consacré à un sujet du domaine des arts.

- la Primevère d'argent, prix de littérature et de morale, à un travail également sans conditions particulières.

   En 1912, les cinq prix furent attribués respectivement à F. Dellevaux (poésie), à F. Robert (éloge Noirot), à J. Moulard ("Bordeaux et le préfet Camille de Toumon"), à un anonyme ("L'enluminure en France") et à J. Goujet ("Le père Trallet").

   La guerre interrompt la remise des bijoux au-delà de 1940. L'(Eillet d'argent est arrêté après 1944 pour ne reprendre que sporadiquement. Les jeux floraux continuent, ainsi qu'on le verra plus loin, avec une dotation prélevée sur la fondation Rosa depuis la disparition du capital de la fondation de la comtesse Mathilde, mais réduits à seulement deux prix, l'un pour la poésie (Muguet d'or), l'autre pour une oeuvre en prose (nouvelle Eglantine d'Or).

   [111 -- Prix GIPAUD

   Par testament en date du 22 mai 1899 suivi de plusieurs codicilles, Marie Antoinette Claudine Françoise Louise, dite Céline, Giraud, héritière d'une dynastie de graveurs et d'imprimeurs, lègue 10 000 F à l'Académie. Elle décède en 1909 et le prix qu'elle avait créé récompense «un graveur en taille douce ou un dessinateur artiste ayantfait quelques choses de remarquables sur Lyon, afin d'encourager l'art de la gravure et du dessin.».
Le prix, autorisé en 1915, sera décerné de 1918 à 1949.

   [121 -- Fondation Joseph GILLET

   En 1923, est créé par ses héritiers le prix Joseph-Gillet pour respecter la volonté de Joseph Louis Gillet, décédé en cette année 1923, exprimée dans son testament de 1918 et dans plusieurs codicilles. C'est un legs de 50 000 F, approuvé en 1924, destiné à offrir un prix de 10 000 F, tous les 5 ans environ, pour faciliter à un chirniste l'impression de sa thèse, avec préférence pour les chimistes nés à Lyon ou dans le Rhône et pour les thèses de doctorat d'Etat.

   Le prix fut donné pour la première fois en 1930, puis en 1935, et ne le sera pas, comme prévu, en 1941.

   [131 -- Prix PLATET-MATHIEU

   Paul Platet, vice-président du conseil d'administration du Crédit Lyonnais, membre associé, décide par lettre du 22 mai 1944 de mettre à disposition de l'Académie une rente de 30 000 F soit un capital &un million. Il désire qu'en souvenir de ses parents on donne le nom de «Fondation Platet-Mathieu».

   La fondation doit récompenser un savant ou une institution de recherche qui aura le mieux contribué à la lutte effective contre le cancer, la syphilis ou la tuberculose, sans ordre de préférence pour ces troisfléaux.

   Le prix de 60 000 F doit être décerné tous les deux ans. Mais la dévaluation se développant, Paul Platet double sa dotation dès 1945. Il meurt le 18 décembre 1945. Son prix fut décerné à partir de 1947 (120 000 F) puis sera porté à 10 000 F lors du changement de monnaie car ses héritiers demanderont qu'il soit espacé plutôt que réduit; il sera élargi vers d7autres maladies. Il fut attribué à 26 lauréats jusqu'en 1998 et se perpétue.

   [1141 -- Fondation Dominique PONT

   Le 8 février 1957, Georges Jeanpetit et Carnille Martin fondent, en commun, un prix biennal de poésie, en mémoire au poète DominiquePont. Cc prix, d'une valeur de 20 000 F est régi par une convention privée; il est attribué par une commission mixte, formée de membres del'Académie et du Salon des poètes de Lyon. Il est remis au cours d'une séance publique académique. Il a cessé d'exister vers 1980.

   [151 -- Fondation Jean THIBAUD

   En 1960, Jean Thibaud, professeur à la Faculté des Sciences, directeur de l'Institut de physique atomique, membre titulaire depuis 1938, par testament olographe en date du 22 mai, offre à l'Académie un legs dont «les arrérages seront attribués tous les deux ans à un jeune physicien, de préférence nucléaire, pour l'aider dans ses études supérieures ou pour récompenser ses travaux».

   Autorisé par décret du 26 septembre 196 1, le prix est décerné régulièrement tous les deux ans.

   [161 -- Prix Lucien CHATIN

   Sans que ce soit une fondation académique, en novembre 1968, la Fondation scientifique de Lyon et du Sud-Est, sous la présidence de Lucien Chatin, a décidé de distribué un prix annuel de 10 000 F pour récompenser les travaux scientifiques appliqués à l'industrie d'un jeune chercheur résidant dans la région sud-est.

   L'Académie a accepté la mission de désigner le lauréat.

   [171 -- The DE LANCEY and DE LA HANTY foundation

   Comélius VER HEYDEN est une personnalité hors du commun médecin, chirurgien dentiste et avocat, il avait étudié auprès des universités hollandaises, anglaises, américaines et françaises; il parlait cinq langues. Il exerça surtout la médecine légale.

   Depuis 1939, il vivait retiré à Jersey où il mourut à l'âge de 95 ans, le 18 uillet 1984. Il était le quinzième baron de Lancey, baronnie proche de Grenoble créée au Xllle siècle; sa famille émigra en Hollande au XVIle siècle. Il avait épousé Joséphine Marie de La Hanty.

   Ver Heyden est venu à Lyon en 1931 pour rechercher un tableau de François Casanova, peintre du xville sur lequel il avait écrit un livre. Cette «Bataille de Rocroi» avait été donnée en 1809 au musée des Beaux-Arts qui l'avait prêté, en 1894, à l'école du Service de Santé lors de l'inauguration de ses locaux de l'avenue Berthelot. C'est Ver Heyden qui l'exhume d!un grenier où elle était oubliée et qui la fait remettre au musée.

   Comélius Ver Heyden parle devant l'Académie qui le nomme correspondant le 4 décembre 1934. Plus tard, en 1979, il devient membre d'honneur associé.

   Ayant constitué une importante fortune, le baron crée la fondation De Lancey et De La Hanty. Celle-ci donne des bourses et des prix à des étudiants, finance une chaire de médecine légale à Leyde et une autre à Londres, adopte des enfants du Tiers-Monde, entretient une galerie de tableaux, objets et livres consacrés à l'histoire napoléonienne.

   En 1977, la fondation crée un prix annuel de 250 £ accordé à un académicien lyonnais, choisi par ses confrères. Le premier de ces prix fut donné dès 1977 à Hughes Morel-Journel.

   [181 -- Prix André Marie AMPERE

   C'est à l'initiative de Maurice Jacob qu'un accord est conclu entre l'Académie et l'Association des amis d'André Marie Ampère pour décerner conjointement un prix scientifique annuel.

   Le prix Ampère récompense deux étudiants effectuant dans l'agglomération lyonnaise leur première année d'études scientifiques supérieures. Il y a deux lauréats : le montant est de 7 000 F pour le premier, de 3 000 F pour le second; il est offert en alternance par l'Association et par une grande société industrielle.

   C'est sur concours portant sur un problème de physique de niveau post-baccalauréat que les candidats sont sélectionnés.

   [191 -- Prix d'Honneur de L'ACADÉMIE

   L'Académie a toujours eu le loisir, selon ses capacités financières, de décerner un prix qui lui soit propre. A titre d'exemple, à la fin du XIXE siècle, l'Académie décerne sur concours des «prix spéciaux» dont elle définit le montant. On les a aussi qualifiés de «prix divers», de «prix de l'Académie», etc. C'est désormais le prix d'Honneur.

   En 1983 il sera réservé à des ouvrages imprimés et ainsi «remplace» en quelque sorte la Primevère d'argent de la comtesse Mathilde.


1882-1999. FONDATIONS DE BIENFAISANCE


A partir de la fin du XIXE siècle, l'Académie reçoit diverses fondations pour des prix dits de vertu, relevant d'un ordre familial, humanitaire ou moral. Comme les fondations dites intellectuelles, toutes, sauf une, disparurent au cours des années 1950.

   [201 -- Fondation LOMBARD DE BUFFIERIES C'est la première en date.
En 1881, le baron Louis Jacques Antoine Lombard de Buffières lègue 200 000 F à maître Perrin, notaire, pour les employer suivant ses intentions verbalement exprimées. Il charge son frère aîné, Claude Marie Louis Almaric, comte Lombard de Buffières, d'acquitter ce legs. La fondation est destinée à honorer et perpétuer la mémoire de leur père, Jean Jacques Louis.

   Mais le comte Claude Lombard de Buffières décède à son tour le 29 avril 1882. Cependant il avait déclaré vouloir respecter religieusement les dispositions de son frère Louis et le projet de délibération de l'Académie lui avait été soumis et avait recueilli son approbation.

   L'Académie délibère donc le ler août 1882 pour acceptation du legs et une véritable convention est signée par madame Anne-Marie Mortier de Trévise, veuve du comte Claude Lombard de Buffières, agissant en son nom et en celui des ses deux enfants, par le président et le trésorier de l'Académie, par le notaire.

   La fondation doit porter le nom de «Baron Lombard de Buffières, ancien député de l'Isère», en mémoire du père, le baron Jean Jacques Louis Lombard de Buffières. Ses revenus doivent être «employés de manière à développer, dans l'enfance, le respect et l'observation de ses devoirs envers Dieu, envers soi-même et envers le prochain, et à encourager tout ce qui pourrait tendre à faciliter et accroître ce développement).

   L'Académie est «expressément chargée et à perpétuité de mettre ces intentions de testateur à exécution». Dans ce but elle employera les revenus annuels, dans les deux départements de l'Isère et du Rhône, de la manière suivante :

   1. distribution de livrets de caisse d'épargne aux enfants les plus méritants par leur travail et leur bonne conduite; cette distribution se fera proportionnellement au nombres d'enfants élevés dans les écoles la:iques et congrégationnistes;

   2. récompenses pécuniaires et médailles à ceux qui se dévouent à l'éducation de la jeunesse;

   3. distribution de livrets de caisse d'épargne aux apprentis les plus exemplaires;

   4. médailles aux patrons et chefs d'ateliers remplissant le mieux leurs devoirs envers leurs apprentis;

   5. prix et récompenses pour concours et publications d'ouvrages utiles à la jeunesse et tendant à améliorer son éducation civile et religieuse;

   6. subventions pour faciliter l'entrée dans la carrière industrielle, commerciale ou agricole, d'élèves exceptionnellement méritants.

   En 1883, la somme de 5 000 F est prélevée exceptionnellement sur les arrérages de la fondation au bénéfice de Mme veuve Almaric Lombard de Buffières pour être distribuée par elle selon les intentions du donateur.

   A partir de 1884, les prix sont attribués par l'Académie : jusqu'à la fin du XIXE siècle, les lauréats appartiennent à des milieux et professions divers, en nombre allant de 1 à 31 selon les années, puis l'Académie focalise les prix sur les instituteurs ou institutrices, de l'école publique ou privée, ayant contribué à développer chez les enfants le sens du devoir tel que souhaité par le donateur : chaque année c'est une moyenne de 1 0 puis 5 lauréats qui se succèdent jusque dans les années 1980.

[21-241 -- Fondations de dévouement à la famille.

- Fondation Clément LIVET (21)

   En 1887, Clément Livet, riche négociant lyonnais, fait donation entre vifs de 200 obligations de la compagnie du canal de Suez (le ministre de l'instruction publique, en date du 14 novembre 1887, autorise la donation par décret en date du 14 novembre 1887).

   En instituant la fondation, Clément Livet veut honorer et récompenser, sous le nom de «prix de vertu», sans préférence de sexe, les actes de dévouement, soutenu ou spontané, envers le prochain ou un grand service rendu à l'humanité. Ainsi, en 1888, on récompense quatre ouvriers qui ont secouru leurs deux camarades pris dans un éboulement lors du creusement du tunnel de Caluire.

- Fondation Mathilde-Marie BESSON (22)

   Par testament en date du 12 février 1898, madame Pierrette Besson, veuve de Jean-Jacques Rey, lègue une somme de 25 000 F pour établir un prix annuel récompensant «une, deux ou trois jeunes filles qui se seront le plus distinguées par leur vertu, leur piété filiale et les secours qu'elles auront donnés à leurs parents pauvres».

   Ce legs est fait pour respecter la volonté de sa soeur et «en censéq-uence ce prix portera le nom de prix Mathilde-Marie Besson».

La fondation Besson ne fût autorisée qu'en 1902.

- Fondation VER-NAY-DUFOUR (23)

   Par testament du 10 juin 1903, Jeanne Catherine Céline Dufour, veuve de Pierre-Marie Vernay, lègue la copropriété d'un immeuble sis rue Thomassin. Elle précise que les revenus serviront à décemer chaque année trois prix : l'un pour soulager la souffrance, l'autre pour secourir l'infortune et le troisième pour récompenser le dévouement des enfants envers leurs parents infirmes. Ces prix de vertu peuvent être rassemblés en un seul et doivent porter le nom de «prix VernayDufour».

   Par décret ministériel de 1905, le legs est autorisé sous réserve que l'Académie liquide sa copropriété dans un délai de cinq ans, ce qui sera fait. Dès 1906, les deux premiers prix sont décernés.

- Fondation Fleury-CATTON (24)

   Fleury Catton, industriel à Givors, établit par simple convention avec l'Académie deux prix (1904 et 1907). Ils sont réservés à des personnes nées ou domiciliées dans le canton de Givors. Le premier prix s'intitule «prix de vertu, fondation Fleury-Catton» : il doit soulager des souffrances et secourir des infortunes, ou bien participer à des oeuvres recommandables, ou bien récompenser le dévouement d'enfants envers leurs parents. Le second prix récompense par un livret de caisse d'épargne et par une médaille les ouvriers laborieux, assidus et honnêtes au service d'une entreprise, ou bien les généreuses personnes ayant accompli des actes de bienfaisance.

   Ces prix sont de périodicité irrégulière en raison de la relative modicité des titres de rente les soutenant (200 et 100 F).

   Pour la commodité, on rassembla ce prix avec les trois précédents, sous le nom générique de «prix de vertu» afin de faciliter le travail du jury. Tous s'arrêteront en 1948 pour ne plus apparaître que rarement jusqu'aux années 1960.

   [251 -- Fondation SALATI-MONGELLAZ

   C'est par simple lettre en date du 17 mai 1935 que Mlle Franceline Salati-Mongellaz, professeur de musique, décide de créer deux prix annuels de 250F chacun «destinés à desfrères et soeurs ayantpar leur affection et leurs soins constants adouci la détresse morale etphysique d'unfrère ou d'une soeur infirme». Elle précise qu'après sa mort un legs permettra d'établir la «fondation Franceline Salati-Mongellaz».

   Chaque année, c'est par un virement personnel que Mlle Salati s'acquitte du montant des prix qui sont qualifiés de «prix de vertu fraternelle».

   Le système dure jusqu'en 1952 avec parfois remise des prix à des vieillards infirmes, sans famille et sans ressources, selon accord avec la donatrice. En 1957, l'Académie accepte la rente annuelle de 5 000 F léguée par Mlle Salati et les Hospices civils de Lyon, légataire universel, verseront les arrérages en 1958, mais les prix semblent bien avoir disparu avec leur créatrice.

   [26-291 -- Fondations des familles nombreuses.

- Fondation familiale Anne-Marie BARNOUD (26)

   Créée par François Alphonse Barnoud, membre associé, en souvenir de sa fille et en parallèle avec sa fondation dotale, c'est par une convention entre le donateur et l'Académie, datée du 5 mai 1914, que débute la fondation; une nouvelle convention sera établie le 22 janvier 1918.

   C'est un cas exceptionnel que celui de F.A. Bamoud puisqu'il assure le suivi de ses fondations durant 1 1 années, de 1915 à 1926 date de son décès. Il améliorera sans cesse le mode d'attribution et augmentera le nombre et le montant des prix.

   Les prix (300 puis 500 F) sont destinés aux familles de cultivateurs et autres travailleurs agricoles ayant le plus grand nombre d'enfants agés de moins de 13 ans. Les prix qui atteignent le nombre de 20 par an sont répartis selon les cantons ruraux du Rhône.

- Fondation Auguste ISAAC (27)

   En 1916, l'académicien Auguste Isaac remet directement à l'Académie deux titres de rente de 5 5 0 F; il n'y a ni convention, ni autorisation. Il s'agit de créer un prix dit «prix Isaac» ou encore «prix du septième rils». Le prix est un livret de caisse d'épargne pour une famille du Rhône d'au moins 7 fils vivants (ou morts pour la France). Les lauréats furent des familles de 1 1 à 19 enfants ! Le prix cesse en 1948.

- Fondation du Comité de la Journée des Mères de Lyon (28)

   Créé en 1912 aux USA, le comité de la Journée des Mères devint lyonnais en 1918 sous l'impulsion du comte A. de Lacroix-Laval. Pendant trois ans son activité fut remarquable mais il fut obligé de se dissoudre pour raison administrative. Il remet alors à l'Académie une rente pour continuer son oeuvre en créant un prix annuel de 1 000 F dans le but d'honorer une mère de famille née, mariée et domiciliée dans le Rhône, ayant vécu au moins 5 ans à Lyon ou dans les communes limitrophes, ayant au moins 5 enfants et particulièrement méritante.

- Fondation de l'hommage aux Grands-mères (29)

   L'hommage aux grands-mères est institué par la Ligue des familles nombreuses de Lyon et du Rhône pour honorer, soit par des médailles, soit par des prix en espèces, les grands-mères dont les familles sont les plus prolifiques et les plus méritantes.

Tous ces prix pour familles nombreuses sont stoppés entre 1950 et 1960.

   [301 -- Fondation François COQUET

   Par testament olographe en date du 22 janvier 1916, François Coquet lègue 100000 F à charge pour l'Académie de gérer deux prix. L'année de sa mort, 1917, l'Académie accepte et le préfet approuve.

   Le premier prix annuel doit récompenser la piété et le dévouement filial ou venir en aide aux familles nombreuses, avec préférence pour les 3o et 7e, arrondissements. Le second prix récompense ou encourage les oeuvres essentiellement humanitaires ou sociales de Lyon ou bien une découverte d'intérêt pratique et général.

   Les prix débutent en 1919 pour se terminer en 1948, puis fusionner avec Isaac et disparaître !

   [31] -- Fondation CHEVALIER-TIVET

   Les deux prix Chevalier-Tivet ont été créés par madame veuve Pauline Chevalier Saint Erhard par lettres manuscrites du 12 novembre 1926 puis du 1 1 octobre 1927. Ils récompensent une demoiselle méritante de la paroisse de Saint-Jean (prix Chevalier-Tivet, 600 F) ou de la paroisse de Saint-Just (prix Joséphine Marie Chevalier-Tivet, sa fille, 500 F). Ils durent de 1927 à 1949.

   [321 -- Fondation GIROD-BOUE

   Marie Félicie Boué, veuve Girod, lègue 6 000 F par testament du 16 août 1909, «pour que les intérêts chaquefois qu'ils atteindront cinq centsfrancs soient donnés en récompense à une institutrice catholique, de bonne conduite, zélée et dévouée pour ses élèves, habitant LyonVaise et enseignant dans ce quartier». A défaut d'institutrice, un instituteur peut prétendre au prix.

   La légataire meurt la même année. L'Académie accepte en 1910; le préfet approuve en 1915, l'ampliation est envoyée en 1920 et le prix peut enfin être décerné en 192 1, et jusqu'en 1946.

   [331 -- Fondation Eugène VINCENT

   Le docteur E. Vincent a voulu honorer la piété filiale par un prix de vertu, soutenu par un legs de 3 000 F, autorisé en 1927 d'après un testament de 1910.

   [341 -- Fondation PARRIAT-JANY

   Marie Antoinette Elisa Alix Jany, épouse de Claudius Parriat, lègue par testament en date du 31 décembre 1927 la moitié indivise d'un tènement d'immeubles sis à Oullins. Elle décède en 1928 mais son mari, légataire universel, en garde l'usufruit tout en devant à son tour confirmer le legs.

   Suite à diverses difficultés d'ordre administratif (possession d'immeubles par une association) puis à une opposition de la part d'héritiers potentiels, l'affaire va durer fort longtemps avant que l'Académie puisse satisfaire aux voeux des donateurs : le prix annuel est destiné «à des oeuvres de charité, des institutions les plus méritantes d'enfants, de vieillards et d'infirmes de Lyon ou d'Oullins». Il n'interviendra qu'en 1938 pour disparaître en 1952.

   [351 -- Fondation Alexandre ROSA

   Jean François, dit Alexandre, Rosa, décédé à Lyon de 25 janvier 1942, a, par testament olographe du 31 mars 1933, légué une rente de 25 000 F à son épouse née Lyannaz et l'usufruit viager de tous ses biens à son frère. Il lègue à l'Académie une somme de 5 000 F et la nue-propriété de ses biens. En compensation l'Académie versera la rente de 25 000 F si son épouse décède après son frère, entretiendra à perpétuité la tombe familiale à Loyasse et distribuera autant de prix de 1 000 F que les revenus restant le permettront.

   Les prix sont destinés à récompenser une famille d'ouvriers, employés, fonctionnaires ou petits propriétaires, rurale, peu aisée, française et chrétienne, habitant Lyon ou le Rhône, ayant mis au monde dans l'année un quatrième enfant, et donnant une bonne éducation.
Ce n'est pas sans difficultés et maintes péripéties administratives que le legs A. Rosa sera autorisé par décret du 23 mars 1945, signé C.de Gaulle et Tixier.

   Le frère, Jean Louis André Rosa, décède le 7 mai 1949 et, par son propre testament de 1944, lègue un capital de 40 000 F dont les revenus s'ajoutent à ceux de son frère pour les prix et une somme de 5 000 F.Les prix ont débuté en 1949. Rosa reste, de loin, la principale fondation académique actuelle.


1800-1999. CONCOURS, PRIX, FONDATIONS ET DONS DIVERS


   En dehors des fondations et prix que l'on peut qualifier de principaux et qui sont répertoriés ci-dessus au nombre de 35, existent divers dons à l'existence plus ou moins éphémère ce qui n'enlève rien au mérite de celui qui a voulu honorer ses concitoyens et, pour cela, a fait confiance en le jugement de l'Académie.

   Parmi les donations qui n'ont pas laissé de traces, soit qu'elles n'aient pas été menées à terme, soit qu'elles soient restées mort-nées, on peut retrouver :

- donation Perrin, 1887.

- legs Dalin : un texte manuscrit, ni daté, ni signé, fait état d'un legs de 8 000 F pour un prix «souvenir de Philibert Dalin», fils du donateur, tué en 1901; il aurait dû être décerné au meilleur apprenti gareur de tissage mécanique.
Il arrive également que l'Académie renonce à un legs jugé non avantageux, tel le legs Verjus, 1942.


Les concours


   - Prix ARLES-DUFOUR : l'académicien titulaire François Barthélémy Arlès-Dufour lègue 1 500 F par testament en date du 1 er janvier 1871 et meurt en 1872. Cette somme est destinée à récompenser «le meilleur mémoire sur la question des progrès accomplis dans le sort moral, intellectuel et physique des femmes depuis le prix que j'ai fait donnerpar lacadémie pour le meilleur mémoire sur la question de l'égalité de l'homme et de la femme». On voit combien ce problème éternel préoccupait particulièrement l'un de nos confrères.

   C'est le mémoire de Marc Guyaz (un homme !), intitulé "La condition des femmes en 1877" qui obtient le prix en juillet 1878.

   - Prix GUINAND : les anciennes élèves de l'abbé Guinand recueillent une somme de 1 000 F et, pour lui rendre hommage, chargent l'Académie de décerner deux prix à trois ans d'intervalle, par concours, sur un sujet se rapportant à l'archéologie biblique, objet des études de leur maître (1905 et 1908).


Les prix


   - Bourse Olivier RIBOUD : Le banquier Camille Riboud, par lettre du 1 1 février 1937, charge l'Académie de gérer un fonds en mémoire de son fils Olivier. C'est un capital de 50 000 F dont le revenu annuel d'environ 2 500 F doit servir à une bourse d'études. Elle sera attribuée à un élève méritant, de famille modeste, auprès de l'école Ozanam-, le directeur de l'école est chargé du choix. Si l'école Ozanam disparaissait, l'Académie serait habilitée à choisir un autre établissement d'enseignement secondaire similaire.

   - Hector HOUDON : membre correspondant, consul de Monaco à Oran, propose un prix destiné à récompenser un poème sur l'amour.

   - Prix BULLUKIAN : il couronne une oeuvre traitant de l'Arménie. Attribué en 1979, il récompense la thèse de Mme Aïda Boudjikanian ayant pour titre "Les Arméniens dans la région RhôneAlpes".


Les fondations


   - Fondation GIRARD : par testament en date du 21 septembre 1918, Jules Girard lègue une somme de 40 000 F mais dont l'usufruit sera réservé à son frère Antoine; à la mort de ce dernier, une rente annuelle de 2 000 F sera payée à sa nièce Juliette.

   C'est après le décès de celle-ci que l'Académie disposera du capital pour créer 4 prix annuels décernés à des chefs de famille d'au moins 5 enfants, légitimes et catholiques. Le préfet donne l'autorisation en 1920 mais Juliette Girard vit encore en 1953 et les prix ne serontjamais décernés.

   - Fondation BARBIER : par testament en date de le, avril 1924, Anne Julie Barbier lègue la nue propriété d'un immeuble sis chemin de Francheville, l'usufruitière est Antoinette Cicaty-Barbier. Le but est de créer un prix annuel décerné «aux enfants agés de 18 ans au moins et 25 ans au plus d'un cultivateur, fermier ou petit propriétaire ruralfaisant valoir son bien et qui auront prouvé leur attachement à lafamille et à la terre», dans l'arrondissement de Lyon.

   A.J. Barbier décède en 1927. Le legs est autorisé en 1932. Des précédures complexes se greffent sur son exécution et, de toute façon, l'affaire n'est pas close en 1953 alors que l'usufruitière est agée de 79 ans. Aucun prix ne sera décerné.


Les dons à lacadémie


   - Legs LAFON : par testament en date du 26 mars 1908, Adrien Antoine Lafon, ancien professeur à la faculté des Sciences, ancien président de l'Académie, lègue 2 000 F à celle-ci. C'est un legs pur et simple on ne retrouve pas trace d'une utilisation spécifique des fonds.

   - Legs BOULLEE : par testament de 1870, Aimé Auguste Boullée, titulaire depuis 1832 puis émérite, lègue 200 F à l'Académie, sans condition.

   - Legs LILIENTHAL : Sigismond Lilienthal, décédé en 1919, avait inséré dans son testament de 1916 la clause suivante : <Je lègue 5000 F à une institution charitable de la ville de Lyon à désigner par mesdames Jules Millevoye et Paul Schulz, à charge par cette institution d'entretenir à perpétuité notre sépulture de famille à Loyasse en bon état». Or J. Millevoye est nommé académicien en 1919: les deux filles de Lilienthal choisissent l'Académie qui accepte cette mission relativement insolite.

   - Don CHARVEYRIAT : Paul Charveyriat a remis, le 31 juillet 1904, 3 000 F en souvenir d'Emile Alexandre Charveyriat, historien, membre titulaire de 1879 à 1904.

   - Legs BELLE : par testament olographe en date du 8 mai 1921, Mlle Pierrette Charlotte Belle lègue à l'Académie des titres estimés à 50 000 F «pour l'aider à propager ses travaux et conserver le coeur et l'esprit Ivonnais». Après autorisation préfectorale de 1922, réévaluation des'titres, paiements divers et suite à un long contentieux avec la ville de Lyon, autre légataire particulier, l'Académie recevra, en 1927, 5 000 F d'arrérages.


1999. ÉTAT A CTUEL DES PRIX ET FONDATIONS


   En cette fin de siècle, l'Académie décerne

   1- au titre des Sciences :

- le prix PLATET-MATHIEU, bi-annuel, pour la médecine;

- le prix Jean THIBAUD, bi-annuel, pour un jeune physicien-, - le prix André Marie AMPERE, sur concours annuel, pour les étudiants en sciences physiques,

   2- au titre des Lettres :

- les JEUX FLORAUX : Muguet d'or pour la poésie, Eglantine d'or pour les nouvelles;

- le prix D'HONNEUR, annuel, pour une oeuvre particulière ou pour toute une production, éditée;

3- au titre de la bienfaisance - le prix ROSA, annuel.